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daphne.papadopo@gmail.com
Dossier artistique Novembre 2024

Aux portes du Gynécée

Une messe laïque pour une marionnette nommée Moon,
six artistes femmes, et un rituel.

Mise en scène Daphné Papadopoulos
Création Novembre 2024
Durée ~1h15
Contact daphne.papadopo@gmail.com
06 19 18 76 00
Sommaire
I. Synopsis p. 01

Une cérémonie
pour Moon.

Aux Portes du Gynécée met en scène un rituel au centre duquel se trouve une marionnette nommée Moon.

Les femmes viennent lui rendre hommage par des chants, des textes et des performances. Elle devient tour à tour le symbole de leur enfant intérieur, celle à qui elles se confient, celle sur qui elles se projettent, celle qu'elles consolent pour se réconforter.

Mêlant témoignages, rites et dimension onirique, cette messe laïque exprime la difficulté, la beauté et la joie d'être une femme.

II. Prologue p. 02

Prologue.

Tour à tour les femmes Les mères Les filles Racontent Témoignent Pleurent et rêvent   Comme une mère avec sa fille Une fille avec sa mère Une femme avec d'autres femmes Elles transmettent leurs rêves à Moon Lui avouent leurs peurs Parce que tant que cette souffrance existera Il y aura besoin de la transmettre

Le gynécée ouvre ses portes pour exorciser les démons Le gynécée ouvre ses portes pour retrouver sa joie d'être femme Le gynécée ouvre ses portes, pour se rassembler Pour chanter Pour pleurer Pour rire Et rêver   Moon est là pour les écouter Les appuyer Sans jugement   Les femmes chantent Tu es notre dernier espoir Tu es notre premier espoir Tu es notre joie Tu es celle qui portera nos souffrances Tu es celle qui réussira à faire le deuil Pour nous Pour que nous puissions trouver la Paix.

III. Note d'intention — I p. 03

Six artistes,
un mythe partagé.

Aux Portes du Gynécée naît d'une cohésion entre six artistes femmes du spectacle vivant. Nous nous sommes rencontrées lors de notre formation au studio Jean-Louis Martin-Barbaz (JLMB) où nous avons pu travailler avec Jonathan Heckel sur le mythe d'Antigone. Cette création nous a appris à mener un projet professionnel et nous a prouvé que nous travaillions merveilleusement bien ensemble.

Deux des comédiennes qui composent aujourd'hui mon équipe avaient écrit des textes témoignages sur le thème de la condition des femmes pour une commande passée par un intervenant. Ce sont ces deux monologues qui ont fait naître un désir collectif de créer un projet ensemble. J'ai proposé de prendre le rôle de metteuse en scène et la responsabilité de structurer la dramaturgie.

J'ai commencé par des séances collectives à la table puis j'ai passé à mes comédiennes des commandes d'écriture de récits personnels ou collectifs, en partant de leur ressenti, de leur expérience et de leur vécu, mais aussi d'éléments littéraires existants. Ma volonté première dans ce projet est d'extraire de la réalité brute un univers à part entière, poétique et spectaculaire.

Il m'est apparu que tous ces récits pluriels de femmes manquaient d'unité, d'un personnage auquel on se rattache. C'est alors que l'idée est née de créer une marionnette femme : Moon, qui serait le cœur de la cérémonie. J'ai imaginé à travers son regard et son écoute la construction de mon fil dramaturgique.

Grâce à cette nécessité d'expression, au fur et à mesure des séances de travail, le spectacle a pris vie : histoires fictives, textes antiques, écritures de plateau, performances, les portes du Gynécée s'ouvrent pour la liturgie traversant des étapes de la vie de ces femmes — de la naissance à la mort.

IV. Note d'intention — II · Grotowski p. 04

Pas de décor —
seulement des symboles.

La mise en scène donne une place centrale aux femmes et à Moon : le totem au centre des rituels du Gynécée. Sur la scène se déroule la messe d'un culte fictif mettant au centre la femme, les femmes. Les rituels suivent le déroulement naturel de la vie, de la naissance à la mort.

Cette cérémonie, dirigée par la Mère, appelle les femmes à témoigner et accompagne leurs paroles par des chants aux airs opératiques. Au fur et à mesure, le rite prend un air étrange, onirique jusqu'à devenir une hallucination collective. C'est le paroxysme : par un extrait flamboyant de Lysistrata d'Aristophane, les femmes deviennent des héroïnes tragiques (et comiques) qu'on admire depuis l'antiquité. Le rituel se termine lorsque chacune des femmes a libéré sa parole. Mais lorsque la vie touche à sa fin, le silence suffit.

Le metteur en scène polonais Jerzy Grotowski proposait un théâtre pauvre qu'il définissait comme étant un théâtre qui valorise le corps de l'acteur et sa relation avec le spectateur et met au second plan, voire délaisse, les costumes, les décors et la musique. C'est ce type de théâtre que j'ai voulu mettre à l'honneur.

Pas de grand décor, pas de scénographie démesurée — je propose un théâtre pauvre rempli de symboles comme celui d'Emma Dante avec Misericordia, qui met en valeur les comédiens et fait confiance à la qualité du jeu et à l'imaginaire collectif ; Romeo Castellucci avec Bros, où tout est image, tout est symbole et le public se laisse toucher par ces peintures qui viennent jouer avec les sensations ; Pippo Delbono avec La Gioia, où il se sert de la musique et des traditions italiennes (comme la prière laïque Mare nostro d'Erri De Luca) pour raconter des histoires à la fois lumineuses et mélancoliques.

Le travail de ces artistes a été une source d'inspiration tout au long du processus créatif.

V. Note d'intention — III · Rite, iconoclastie p. 05

Un rite,
pas une religion.

Je mets en scène un véritable rituel en m'inspirant des cérémonies que je connais : les messes orthodoxes du dimanche, qui durent environ trois heures où les chants et les voix de baryton des popes résonnent sous les voûtes de l'église ; les anastenaria, une cérémonie traditionnelle grecque où les gens chantent, dansent et marchent sur des braises sans se brûler ; les baptêmes orthodoxes où toute la famille se rassemble pour voir ce bébé plongé dans l'eau bénite.

Deux choses communes à tous ces rites me marquent et m'inspirent particulièrement : la mise en scène esthétiquement marquée (les lumières, l'ambiance sonore, les costumes…) et l'attention, le respect et le dévouement avec lesquels ce public assiste aux cérémonies. Voilà ce que je cherche à atteindre avec cette pièce. J'instaure une ambiance ecclésiastique dans le but de donner au public l'impression d'être dans un lieu de culte.

Ces références très religieuses restent pour moi des inspirations, des ressources pour enrichir mon théâtre mais je ne prêche aucune religion. Je m'amuse avec l'iconoclastie : je construis une image aux accents sacrés puis la démantèle avec une référence populaire, païenne.

Les formes d'expression qui remplacent ou enrichissent la parole telles que le travail de chœur, la performance corporelle, la marionnette, le chant et la musique occupent une place importante dans ce spectacle : ils deviennent les prières, les icônes et les psaumes de la cérémonie du Gynécée. La manipulation de la marionnette permet de dépasser les limites du corps humain et ainsi montrer une violence qui ne serait pas permise, acceptée, sur un corps en chair et en os. Le chant et la musique viennent accompagner le silence dans les moments où la parole serait de trop. Après tout, le rituel demande de prêter pleinement son corps et sa voix pour qu'il puisse être accompli.

Cette création se veut riche en images et débordante de symboles, construite à partir de matières premières recyclées, d'un plan feu épuré, d'une ambiance sonore aux accents ecclésiastiques et surtout un jeu engagé. Il est important pour moi que mon théâtre ne se perde pas dans des artifices extravagants, insignifiants. Dans cette création je tiens à ce que les images soient réfléchies, justifiées. En puisant dans les symboles tirés de la religion, de l'antiquité, de références contemporaines et de l'imaginaire collectif, je remplis de sens les tableaux qui composent la pièce.

Je propose aux spectateur·ice·s d'entrer exceptionnellement dans notre Gynécée et de se laisser guider par les voix et les tableaux.

VI. Corpus & objectif p. 06

Le corpus.

Dans une volonté de création collective, toutes les comédiennes ont participé à l'écriture de la pièce : écriture de plateau, récit individuel, recherche de textes annexes.

Objectif

Investir une multitude de lieux, en passant par des théâtres, des festivals, des centres sociaux, mais aussi des lycées ou des universités. Nous tenons à aller à la rencontre de différents publics pour leur présenter, de nos points de vue, l'urgence, la difficulté, la beauté et la joie qui sont celles d'être une femme. Nous souhaitons instaurer un espace de réflexion et de dialogue entre le·a spectateur·ice et les comédiennes sur la condition féminine, en passant aussi par des moments de rire, grâce à la force de l'imaginaire collectif et à la richesse du spectacle vivant.

VII. L'équipe p. 07

L'équipe.

Mise en scène · jeu

Daphné
Papadopoulos

Elle commence le théâtre en Italie avec des cours du soir donnés par la troupe Giorni Dispari qu'elle assistera à la scénographie en 2018. Après une double licence de mathématiques et informatique, elle intègre le Laboratoire de Formation au Théâtre Physique où elle se forme surtout en tant que comédienne. Elle y développera son amour du jeu masqué et sa curiosité pour la mise en scène. Elle rejoint le Studio JLMB en 2023 et travaille avec J. Heckel et s'intéresse à la marionnette. Elle arrive au troisième tour de l'École Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette en 2024.

Jeu · écriture

Juliette
Desliens

Après des cours de théâtre pour adolescents au Théâtre des Roches à Montreuil, Juliette s'est découvert une passion pour le monde du spectacle vivant. Elle se formera au Cours Florent en 2018 et intégrera une troupe de théâtre d'improvisation durant 3 ans. Elle poursuit son parcours théâtral en validant une licence d'Arts du Spectacle à l'université Paris 8. Elle travaillera pendant 1 an à La Tempête et à L'Échangeur en tant qu'attachée des relations publiques. En parallèle, elle affine sa plume en participant à des ateliers d'écriture à l'école Les Mots. Enfin, elle intègre le Studio JLMB directement en 2ème année.

Jeu

Elena
Peirce

Elena a commencé son cursus théâtral à Avignon où elle a intégré l'école Actéon. Elle a pu y développer entre autres son jeu corporel par le masque et la danse Laban. Elle a interprété le rôle de Black dans une adaptation des Tournesols de F. Melquiot, mis en scène par Fida Mohissen. Ce spectacle a été joué au théâtre du 11 et au festival des Planches Fêlées. En 2022, Elena rejoint le Studio JLMB où elle continue de se former au contact d'intervenants actifs tels que Lucie Digout, Sylvain Levitte et Sabrina Baldassara.

Jeu · écriture

Constance
Rigaudière

Après un an de Cours Florent enrichissant aux côtés de Flore Lefebvre des Noëttes et portée par la volonté de se confronter au plus tôt au public, elle a continué sa formation théâtrale au Studio Jean-Louis Martin-Barbaz où elle rencontre et travaille avec Sylvain Levitte, Igor Mendjisky, Lucie Digout, Christian Gonon, Jonathan Heckel et Sabrina Baldasarra.

Jeu · chant · cirque

Pyrène
Saint-Picq

Après sa formation au chant lyrique, à la danse contemporaine et aux arts du cirque, Pyrène intègre l'école de théâtre Artefact durant trois ans et poursuit son cursus au sein du Studio JLMB. Elle a l'opportunité de participer à l'édition 2023 du festival d'Avignon. À ce jour, elle participe à l'écriture d'un spectacle prévu pour 2025 aux côtés de Renaud Prévautel. Elle espère au cours de son parcours pouvoir mélanger les arts et ainsi faire vibrer ensemble chant, danse, cirque et théâtre.

Jeu

Lucie
Sauveur

Après avoir travaillé plusieurs années en tant que répétitrice auprès d'acteurs au théâtre et en tant que technicienne au cinéma, Lucie a commencé une formation de théâtre au studio JLMB et a joué dans plusieurs courts métrages (notamment Voilà combien de jours, Hedi Ladjimi, festival Côté Court Pantin), et dans une pièce de théâtre écrite par Axelle Jah Njike et mise en scène par Benjamin Gauthier à l'occasion des mises en capsule 2023 au théâtre Lepic.

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